L’après-crise : Emploi et Maintien dans l’emploi des Séniors ?

Un sujet de préoccupation depuis de nombreuses années mais le succès n’est toujours pas au rendez-vous.

Un problème de définition

Il n’explique pas tout mais il ne contribue pas à une approche claire : suivant les domaines de 23 (sport!) à 60 ans !

Une première tentation : les faire sortir du monde du travail

Les difficultés économiques dans les années 1980, ont conduit les entreprises à mettre en préretraite des salariés n’ayant pas encore atteint l’âge légal de la retraite.

Dessin de Anthony Lelgouarch.

Un retour en arrière et des incitations diverses à l’emploi de seniors qui traduisent une belle instabilité juridique

Avec le recul cependant, on a constaté que les préretraites étaient financées par les caisses de retraite et que cela conduisait à des pertes de compétences sans pour autant faire diminuer le chômage des plus jeunes

Aujourd’hui, tous les pays occidentaux cherchent à augmenter l’âge légal de départ en retraite, afin de réduire le déficit des régimes de retraite. Ils encouragent pour cela l’emploi des seniors. L’âge fait désormais partie des critères discriminatoires à bannir en application de l’article L 1132-1 du code du travail. En France, depuis 2006, ce sujet sensible a donné lieu à une succession de textes qui traduisent l’incapacité à définir une stratégie claire et pérenne et n’ont certainement pas contribué à la sécurisation du dispositif.

De fait les statistiques restent assez peu positives

 

  • Taux d’emploi des 55-64 ans : 51,3 % en France contre 57,1 % pour l’Europe ;
  • Taux d’emploi des 60 – 64 ans : 29,4 % en France contre 42,5 % pour l’Europe.

 

 

Extrait Infographie du cabinet Re-sources

 

Comment expliquer ce résultat décevant ?

« Le problème c’est la solution  »

Du point de vue systémique, nous pourrions dire que « le problème c’est la solution »,Superbe aphorisme de P. Watzlawick, co-fondateur de l’École Palo Alto.

Pour faire simple, les solutions proposées continuent de maintenir ou d’alimenter le problème. Et le résultat (des solutions mises en place) n’est pas celui attendu.

Des tentatives de solutions… et toujours pas d’effet différent.

Le problème est donc resté coincé au niveau des solutions. On appelle d’ailleurs ces solutions des « tentatives de solution » puisqu’elles ne permettent pas d’atteindre l’objectif fixé ni le résultat souhaité. Nous sommes ainsi dans un schéma ou système dit « dysfonctionnant » avec comme message « faire toujours plus de la même chose » et ainsi obtenir un « même résultat ».

Comment sortir de ce schéma relationnel dysfonctionnant ?

L’idée ici est plutôt de commencer à envisager le problème différemment, voire de bâtir de nouvelles pistes de réflexion pour créer une nouvelle conscience collective, nécessaire pour avoir envie d’y aller. L’idée n’est pas de donner de solutions toute faites mais de les créer ensemble (avec tous les acteurs).

Pour sortir d’un schéma relationnel dysfonctionnant, 2 orientations à travailler en même temps :

  • L’arrêt total de ce qui ne fonctionne pas (sinon on continue d’alimenter et maintenir le problème…)
  • Des interactions à l’opposé des tentatives de solution : « faire un virage à 180° ».

 Quelles pourraient être les nouvelles interactions relationnelles ?

Une façon « de créer une nouvelle conscience collective » serait de recenser les besoins, les blocages des différents acteurs et créer ensemble les solutions.

Et pour communiquer, on n’a pas encore trouvé mieux que de continuer à communiquer ensemble.

Surtout si « ne pas communiquer » faisait partie des « tentatives de solution » et donc maintenait le problème.

Les questions à se poser ensemble :

D’abord, veut-on vraiment aller vers un emploi jusqu’à 64 ans, voire plus  ?

Si oui :

  • Qu’est-ce qu’on n’a pas encore fait ?
  • Qui n’a-t-on pas encore écouté ?
  • Quels acteurs n’a-t-on pas encore entendus ?
  • Quelles sont nos croyances profondes et qui nous limitent pour avancer sur ces sujets ?
  • Quels sont les bénéfices à maintenir un tel système ? à conserver nos mécanismes actuels ? A qui profite la situation actuelle ?
  • Que veulent vraiment les seniors ?
  • Comment voient-ils leur avenir, quels sont leurs envies, leurs croyances ?
  • Est-ce que les dirigeants ont une vision claire sur ce sujet ?
  • Que pensent-t-il d’ailleurs des seniors ?
  • Que devons apprendre de nouveau pour faire différemment ?
  • De quoi avons-nous honte ? de l’entropie humaine naturelle ?
  • Avons-nous peur de nous occuper de nos parents ?

 

Article quo-écrit Réné Picon DupréLidwine Normand